Louise Michel Ecrits et cris
Spectacle de théâtre musical d'après les Mémoires et la correspondance de Louise Michel. Une Louise intime loin de l’icône qu’elle est parfois devenue.
Du 19 Janvier 2012
au 15 Avril 2012

du 19 janvier au 15 avril 2012, jeudi, vendredi et samedi 20h et dimanche 18h

Tarif plein : 20 €
Tarif réduit* : 15 €

* pour les moins de 26 ans, étudiants, plus de 65 ans, habitants du 4ème arrondissement, demandeurs d'emploi, intermittents du spectacle, associations et groupes de 10 personnes minimum, sur présentation d'un justificatif


A sa table, une femme vieillissante écrit ses mémoires. Louise Michel revoit comme en rêve défiler sa vie. Elle nous plonge dans son parcours hors du commun. Apparaît alors une Louise intime, une écorchée vive, une femme face à ses blessures, loin de l’image d’Épinal qu’elle est parfois devenue.

Adaptation et mise en scène : Marie Ruggeri

Avec : Marie Ruggeri et Christian Belhomme

Durée : 1h05

 

Site de la compagnie : http://marieruggeri.free.fr/

 

 

- AVIGNON

LAURENCE LIBAN de l’EXPRESS                  

Louise M.

Quelle comédienne n'a rêvé d'incarner Louise Michel, la vierge rouge de la Commune et des Communards, ce beau et flambant personnage qui mit le feu aux consciences et secoua les préjugés du siècle de Victor Hugo? 

Marie Ruggeri se lance à son tour sur les traces de Louise M. et, d'emblée, le ton est juste. Le corps est juste.

C'est incroyable de voir comme un corps parle. Comment la stature, l'inclinaison du cou, l'appui des pieds au sol, la forme des mains, fermes et bien dessinées, la ligne du regard...  comment tout cela est transformé par une comédienne de la trempe de Marie Ruggeri  en vaste terre où inscrire la destinée de son personnage.

Assise à une petite table, effeuillant les pages de la vie offerte de Louise, Marie dit, lit et chante. La voix est claire, profonde, modulée. Le regard est chaud. On écoute, on est captivé. Parfois, un musicien (Christian Belhomme) prend le relai au piano ou donne de la voix pour énoncer, tel un crieur public, les événements historiques du temps.

Surgit alors la silhouette d'une jeune fille bâtarde et orpheline qui n'a plus personne au monde et lance, comme une bouteille à la mer, un appel à Victor Hugo, l'écrivain vénéré qui lui répond à son tour. Puis viennent les luttes, la Commune et la relégation en Nouvelle Calédonie dont elle travaille à l'émancipation des indigènes, la prison, les conférences de propagande triomphales dans toute la France, la prison encore, puis la mort.

Ils seront des centaines de milliers à accompagner la Vierge rouge (1830-1905) jusqu'au
tombeau.

Marie Ruggeri a eu raison de nous permettre de faire un bout de chemin avec cette haute figure. 

 

 

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2011 : Louise Michel à l’Abbaye

 

Mercredi 6 avril 2011, salle Robert Krieps, Abbaye de Neumünster à Luxembourg, Marie Ruggeri présente « Louise M, écrits et cris » dans le cadre des manifestations pour le 140e anniversaire de la Commune de Paris. Nous ne savions rien sur Marie R. et nous croyions tout savoir sur Louise M., nous allions à la rencontre de deux inconnues.

 

La salle est plongée dans une demi-obscurité quand le public prend place. Le décor est d’une simplicité classique, une table, une chaise, un tableau noir. Sur la chaise Marie R. ou Louise M. qui remplit des feuilles et raconte sa vie. Louise M. est bien sûr la célèbre Louise Michel, mais Marie Ruggeri ne veut rien en savoir d’une image pieuse, même progressiste. Ni vierge ni rouge, ni sainte ni sorcière, devant nous il y a une femme qui s’interroge. Qui suis-je, comment suis-je devenue ce que je suis ? C’est à un voyage en elle-même qu’on assiste, avec ses doutes, ses révoltes, ses certitudes. Les gestes sont rares, pas de cris, le public retient son souffle, fasciné.

 

Tout à coup l’obscurité s’illumine de mille couleurs et une petite musique se fait entendre. Le dos de chaise se transforme en barreaux de prison. Louise s’entretient de sa prison avec Théophile Ferré, l’étudiant révolutionnaire qu’elle admirait tant, pris par les Versaillais et condamné à mort. On reconnaît nettement les accents du Temps des Cerises qui se mélangent avec la musique canaque, évoquant la fraternité universelle de la communarde déportée en Nouvelle Calédonie.

 

Les ombres des figures tutélaires sont convoquées, celui qu’elle appelle grand-père, le châtelain de Vroncourt, celui à qui elle adresse ses lettres, le grand-père Hugo, la mère, servante au château, qui aurait tant voulu qu’elle soit artiste mais pas artiste révolutionnaire et à qui elle ment pour lui faire croire que sa cellule ressemble à un château. Il y a la Commune, la joie de voir enfin les femmes prendre la parole, le club révolutionnaire de Montmartre, l’école nouvelle, le monde meilleur ….  

 

Nous étions venus avec des appréhensions. Pas de leçon de morale, pas de prêchi-prêcha, pas d’héroïsme. Nous avons eu droit à un moment d’intense plaisir, nous avons senti un grand élan. Impossible à résumer, il faut aller voir et revoir.

 

Henri Wehenkel - TAGEBLATT 

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